Actualité de l'association "Les Vignes d'Abel", vignoble associatif, patrimoine végétal et historique.
12 Mars 2026
Nous avons vinifié séparément nos deux cépages, Lacoste et Oberlin. Une première analyse avait été faite en novembre 2025, et une seconde a été réalisée en février 2026. Ce document est une explication synthétique de cette dernière analyse et un aperçu de l'état actuel de nos deux cuvées.
1.1 Degré d’alcool : TAV < 8,6 % Vol
C’est très peu. La limite légale pour les vins commercialisés est de 8,5. Nous n’en sommes pas loin.
Nous pourrions évidemment nous en tirer par une boutade en faisant remarquer que le vin des « Vignes d’Abel » suit la tendance à la mode des vins sans alcool mais…
1.2 Acidité totale : 4,6 g H2SO4/L
L’acidité totale représente un peu tous les acides contenus dans le vin. Techniquement, c’est la somme de l’acidité fixe et de l’acidité volatile.
Il y a de nombreux acides dans le vin. Ces acides sont présents sous différentes formes qui les rendent plus ou moins disponibles pour des réactions chimiques, et surtout plus ou moins perceptibles au goût. De plus, tous ces acides n’ont pas la même force (pour dire les choses simplement). C’est pourquoi on ramène cet ensemble en équivalent d’acide sulfurique.
En ce qui concerne ce vin, la fermentation malolactique a fait son oeuvre, et l’acidité totale est passée de 6,7 en octobre 2025 à 4,6. Nous sommes revenus dans la fourchette recommandée, c'est-à-dire entre 3 à 5.
1.3 pH : 3,45
Là encore, il s'agit de l'acidité globale du vin. Les valeurs considérées comme normales se situent entre 3 et 4. Donc, tout va bien de ce côté.
1.4 Acidité volatile : 0.33 g H2SO4/L
Comme prévu, la fermentation malolactique a fait remonter un peu ce taux qui n'était qu'à 0,11 en octobre 2025. Nous retrouvons un taux normal autour de 0,3-0,5.
Ni trop, ni trop peu.
1.5 Sucres réducteurs : 2,5 g/L
Ce taux était à 0,9 en octobre, il monte ici à 2,5. Cette valeur n'est pas inquiétante.
Cependant, on pourrait se demander d'où proviennent des sucres (glucoses, fructoses) qui ne s'y trouvaient pas déjà en octobre.
Il s'agit d'un phénomène connu et documenté. La fermentation malolactique peut en effet dégrader par hydrolyse des polysaccharides contenus dans le vin et ainsi libérer des composés réducteurs qui vont apparaitre dans l'analyse globale. Cela ne veut pas dire (et heureusement) qu'on a de nouveau des sucres fermentescibles comme le fructose, ce qui pourrait alors conduire à une reprise de la fermentation alcoolique.
1.6 dioxyde de souffre (SO2) : 44 mg/L
Cette valeur a augmenté considérablement entre les deux analyses. En octobre, nous nous demandions s'il ne fallait pas en ajouter : la valeur était inférieure à 10 mg/L. Une valeur de 44 mg/L est tout à fait classique après fermentation malolactique.
[Pour information, la limite fixée par l'Organisation internationale de la vigne et du vin est de 150 mg/L dans ce type de vin. Nous en sommes loin et c'est très bien ainsi]
1.7 Acide malique : n.d. non déterminée.
En clair, la transformation de l'acide malique en acide lactique est terminée.
Pour conclure, tout irait plutôt bien si l'oenologue n'avait pas trouvé un goût anormal de cidre métallique en dégustation. Mais nous n'avons pas retrouvé ce défaut en dégustant un échantillon après une courte aération.
2.1 Degré d’alcool : TAV 9.45 % Vol
C'est mieux que son collègue Lacoste.. mais ce n'est toujours pas beaucoup. Il faut nous rendre à l'évidence : nous aurons probablement à chaptaliser systématiquement dans les années à venir si nous voulons produire des vins dépassant 10 % d'alcool.
2.2 Acidité totale : 6,2 g H2SO4/L
Là encore, ce taux est en forte baisse depuis octobre (9,6). Mais il reste encore beaucoup d'acides. Cela risque de se faire remarquer à la dégustation.
C'est une première raison d'envisager l'assemblage avec la cuvée de Lacoste, ce qui pourrait nous rapprocher de valeurs plus correctes.
2.3 pH : 3,17
Valeur normale en revanche pour ce paramètre.
La teneur en acides variés et l'acidité globale du jus ne sont en général pas corrélées, et c'est ce qu'on observe ici.
2.4 Acidité volatile : 0.32 g H2SO4/L
Semblable au taux du Lacoste, pas d'inquiétude pour ce paramètre.
2.5 Sucres réducteurs : 2,4 g/L
Même remarque que pour la cuvée Lacoste.
2.6 dioxyde de souffre (SO2) : 10 mg/L
Ici, c'est assez faible. Il semble qu'on considérait jadis que 10 à 20 mg/L de SO2 libre soit un indice de bonne santé pour le vin. Nous sommes un peu limite donc, et ce point associé au faible taux d'alcool n'est pas de bon augure pour la conservation. La recommandation de sulfiter un peu parait ici raisonnable. Ce sera à discuter.
Là encore, la fermentation malolactique est terminée.
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La note de dégustation indique un vin "balsamique", avec une aromatique très prononcée.
Ce n'est pas un gros défaut en soi, mais pas non plus une qualité gustative intéressante. À ce stade, l'assemblage des 2 cuvées semble la meilleure solution.
Décision du comité de dégustation :
Les maîtres du chai (!) ont procédé à une dégustation d'assemblage. La cuvée d'Abel 2025 contiendra ¾ de vin issu du cépage Lacoste et ¼ de vin issu du cépage Oberlin.